Le principe : moins de prêt cher, un prêt gratuit en plus
Avec un PTZ, ton besoin de financement ne change pas : il est simplement réparti entre deux prêts. Une partie est empruntée à 0 % (le PTZ), le reste au taux du marché (le prêt principal). Les mensualités se superposent selon un calendrier qui dépend de ta tranche. Pour comparer honnêtement avec ou sans PTZ, il faut donc regarder chaque phase, pas une seule mensualité.
Hypothèses communes aux trois cas : 20 000 € d’apport, frais de notaire de 2,5 % du prix, prêt principal à 3,3 % sur 25 ans, hors assurance et sans lissage.
Cas 1 : couple en zone A, tranche 2
Appartement neuf à 280 000 €, RFR de 40 000 €. PTZ : 90 000 € (40 % de 225 000 €), différé de 8 ans, remboursement sur 12 ans. Besoin de financement : 267 000 €.
| Période | Sans PTZ | Avec PTZ |
|---|---|---|
| Années 1 à 8 | 1 308 € | 867 € |
| Années 9 à 20 | 1 308 € | 1 492 € |
| Années 21 à 25 | 1 308 € | 867 € |
| Intérêts payés | 125 459 € | 83 170 € |
Pendant huit ans, le couple économise 441 € par mois. Puis, pendant douze ans, il paie 184 € de plus qu’avec un prêt classique. Au total, il évite 42 290 € d’intérêts.
Cas 2 : famille de quatre en zone B2, tranche 3
Appartement neuf à 250 000 €, RFR de 50 000 €. PTZ : 92 400 € (40 % de 231 000 €), différé de 2 ans seulement, remboursement sur 13 ans. Besoin : 236 250 €.
| Période | Sans PTZ | Avec PTZ |
|---|---|---|
| Années 1 et 2 | 1 158 € | 705 € |
| Années 3 à 15 | 1 158 € | 1 297 € |
| Années 16 à 25 | 1 158 € | 705 € |
| Intérêts payés | 111 010 € | 67 593 € |
Le différé court rend la phase « prêt + PTZ » longue : treize ans à 139 € de plus par mois. Mais l’économie d’intérêts atteint 43 417 €.
Cas 3 : couple en zone A bis, tranche 4
Appartement neuf à 400 000 €, RFR de 70 000 €. PTZ : 45 000 € (20 % de 225 000 €), sans différé, remboursé sur 10 ans. Besoin : 390 000 €.
| Période | Sans PTZ | Avec PTZ |
|---|---|---|
| Années 1 à 10 | 1 911 € | 2 065 € |
| Années 11 à 25 | 1 911 € | 1 690 € |
| Intérêts payés | 183 255 € | 162 110 € |
En tranche 4, le PTZ alourdit d’abord la mensualité (154 € de plus pendant dix ans), puis l’allège. Gain : 21 145 € d’intérêts. Pour ce profil, l’intérêt du PTZ se joue surtout sur le coût total.
Le lissage : comment la banque égalise les mensualités
Ces tableaux montrent la structure brute. En pratique, ton conseiller bancaire te proposera presque toujours un prêt lissé : le prêt principal est découpé en paliers dont la somme avec le PTZ donne une mensualité constante.
Dans le cas 1, un lissage pourrait par exemple aboutir à une mensualité stable de l’ordre de 1 150 € sur 25 ans (calcul indicatif au même taux), au lieu de l’alternance 867 € / 1 492 € / 867 €. Le coût total d’intérêts augmente un peu par rapport au plan non lissé (le capital du prêt principal est remboursé plus lentement au début), mais reste nettement inférieur au plan sans PTZ. Les chiffres exacts dépendent de chaque banque : demande toujours le tableau d’amortissement détaillé.
Ce que le comparatif ne montre pas
- L’assurance emprunteur, due sur le PTZ comme sur le prêt principal, selon le contrat.
- Les frais de garantie (caution ou hypothèque) et de dossier.
- Le taux d’effort : la banque vérifie que ta mensualité totale, à chaque phase, reste dans la limite de 35 % de tes revenus fixée par le Haut Conseil de stabilité financière. Une phase « prêt + PTZ » trop lourde peut justifier un lissage ou un apport plus important.
Faut-il garder le PTZ si la mensualité remonte ?
Presque toujours, oui. Même dans le cas 3, où le PTZ alourdit la mensualité pendant dix ans, le coût total baisse de plus de 21 000 €. Les seuls cas où l’on hésite sont ceux où la phase « prêt + PTZ » ferait dépasser le taux d’effort de 35 % : la solution n’est alors pas de renoncer au PTZ, mais de demander un lissage, d’allonger la durée du prêt principal dans la limite de 25 ans ou d’augmenter l’apport. Une autre piste consiste à réduire le prêt principal en choisissant un logement dont le prix colle au plafond de coût de ta zone : chaque euro au-delà du plafond est financé au taux du marché, sans aide.
Garde aussi en tête que la tranche, et donc le différé, est figée au moment de l’offre de prêt : une hausse de revenus ultérieure ne change pas le calendrier, mais elle rend la remontée de mensualité plus facile à absorber.
Fais le calcul pour ton projet
Le simulateur PTZ affiche exactement ce comparatif pour tes propres chiffres : mensualité sans PTZ, mensualité avec PTZ phase par phase, et intérêts évités. Tu peux modifier l’apport, le taux et la durée pour voir l’effet de chaque paramètre, puis consulter notre guide du plan de financement.